f14 Soja
Glycine max (Soja hispida)
Leguminosae
 

 

Source allergénique : graine mûre séchée

Bien qu’aujourd’hui le soja soit considéré comme un " allergène d’origine alimentaire classique ", il a été longtemps considéré comme un substitut ne présentant aucun danger pour les enfants développant des réactions adverses au lait de vache. Cependant, des travaux ont par la suite démontré le contraire.

Exposition à l'allergène
Réactivité croisée
Données cliniques
Fiche signalétique
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Exposition à l'allergène

Le soja se mange frais ou bien transformé, par exemple sous forme de farine (fabriquée à partir de la graine broyée) ou encore sous forme d’huile (obtenue après extraction de la graine). Il représente la base de l’alimentation quotidienne de la population d’Asie. La sauce soja, ou shoyu, s’obtient par la fermentation de soja et de blé. Son huile rentre dans la fabrication de certains produits alimentaires, comme la vinaigrette ou la margarine par exemple, mais aussi dans celle de certains produits de l’industrie du contre-plaqué, comme le linoléum ou la colle.  Le soja est reconnu comme étant un allergène professionnel dans l’industrie.

Exposition involontaire Les produits à base de viande, le pain ainsi que d’autres aliments industriels contiennent souvent des protéines de soja (49). La liste des aliments susceptibles d’en contenir n’est d’ailleurs pas exhaustive. De récents exemples en ont fourni la preuve. On a ainsi trouvé de la lécithine de soja dans des saucisses espagnoles  (50), des pizzas (51), ainsi que des bonbons (52). Des traces de protéines dans la lécithine de soja peuvent être impliquées dans l’asthme des boulangers (53) (54). Il peut également y avoir parfois des protéines de soja dans l’huile de soja (55). Lire également le paragraphe concernant l’huile d’arachide.  Haut

Réactivité croisée

Au cours d’une des précédentes études portant sur l’allergénicité du soja, il avait déjà été découvert que le soja possédait un certain nombre de composants antigéniques, présentant une forte réactivité croisée avec d’autres légumineuses (36). Alors qu’est débattue la question de savoir si l’éviction des légumineuses du régime alimentaire des patients allergiques est pertinente d’un point de vue clinique ou non, plusieurs rapports ont confirmé l’existence de réactions croisées.  Un patient qui souffrait de réactions adverses à certaines légumineuses (pois, lentilles, arachides, haricots rouges et blancs, haricots de Lima) a subi des réactions très sévères après l’ingestion de produits à base de soja (37). Ces chercheurs ont identifié une réponse IgE spécifiques du polypeptide de soja inhibiteur de la trypsine de type Kunitz.

 Des patients auraient présentés des symptômes de type IgE dépendantes, suite à l’ingestion de pois, de haricots, de lentilles, d’arachide ou de soja (38).

Des études réalisées sur deux patients allergiques à l’arachide et au soja ont montré l’existence d’une forte réactivité croisée entre les deux légumineuses (47). Environ 70 à 80% de la fixation des IgE sur les allergènes d’arachide pourrait être réduite par adsorption avec du soja, mais l’adsorption avec de l’arachide n’a pas permis de réduire la fixation des IgE sur deux des allergènes spécifiques du soja (46 kD et 21 kD).
On a montré que plusieurs allergènes majeurs de l’arachide présentent des épitopes communs avec des protéines de stockage du soja (pour obtenir des informations complémentaires, voir également la fiche allergène de l’arachide f13).
Un allergène de 8 kD extrait de la gousse de soja présente une homologie de structure de 71% avec une protéine de stockage de la Vigna sinensis (cow pea) et de 64% avec une protéine du pois (Pisum). On a également découvert l’existence de réactions croisées entre un allergène du soja de 17 kD et un allergène du pois (48).
Se reporter également au paragraphe sur les allergènes     Haut

Données cliniques

Ingestion de soja Bien qu’aujourd’hui le soja soit considéré comme un " allergène d’origine alimentaire classique ", il a été longtemps considéré comme un substitut ne présentant aucun danger pour les enfants développant des réactions adverses au lait de vache. Cependant, des travaux ont par la suite démontré le contraire (2). Environ un quart des patients sensibilisés au lait de vache sont devenus allergiques aux protéines de soja (3). Les formules de substitution à base de soja n’ont pas permis de réduire l’incidence générale des maladies atopiques par rapport au lait de vache. Il est conseillé de privilégier l’allaitement ou des formules de substitution moins allergisantes (5) (6).
Le soja est souvent cité comme l’un des aliments responsables de réactions de type IgE dépendantes chez les enfants (7) (8). On a observé une prévalence de la sensibilisation au soja de 22% dans un groupe de 317 enfants (âge moyen 5 mois) présentant des symptômes laissant penser à une allergie alimentaire (9). Au cours d’une autre étude, il a été rapporté que 37 des 78 enfants (47%) souffrant d’allergie au lait de vache ont développé des réactions au soja 5 ans plus tard (10). Le fait que les réactions au soja ne soient pas toujours immédiates rend difficile l’interprétation des tests de provocation. Au cours d’un second test de provocation effectué sur 18 enfants stabilisés après régime d’éviction, en utilisant des formules de substitution qu’ils ne toléraient auparavant pas, 12 d’entre eux ont développé des réactions. Cependant, seuls deux d’entre eux ont présenté des symptômes immédiats au test de provocation en double aveugle contre placebo. Pour les 10 autres patients restants, les symptômes ont évolué 4 à 7 jours après le test de provocation (11).
Chez les nourrissons, l’entérocolite induite par des protéines alimentaires se caractérise par l’apparition de symptômes, plusieurs heures après l’ingestion d’aliments comme le lait ou le soja (12). La présence d’IgE dirigées contre les allergènes impliqués dans les réactions peut aider à prévoir une sensibilité persistante ou non (12).
Il faut s’attendre à une augmentation de la fréquence des réactions adverses au soja, étant donné son utilisation croissante comme substitut ou comme ingrédient dans les aliments. Au cours d’une étude réalisée sur des enfants, il a été découvert que même si les enfants sensibilisés au soja ne le sont pas forcément au lait de vache, ils montrent en général une réactivité croisée avec le pois (38/50) et l’arachide (41/50) (13).
La sensibilité et la spécificité des dosages d’IgE (Phadebas RAST) par rapport au test de provocation seraient respectivement de 69% et 83% chez les enfants (âge moyen 5 mois) (9).
Au cours de certaines études réalisées au Japon, on a détecté, à l’aide du Phadia CAP System, la présence d’IgE dirigées contre le soja (14) (15) (16). La sensibilité et la spécificité étaient respectivement de 100% et 87% (14).
Il semblerait que l’on sous-estime le rôle du soja dans les anaphylaxies alimentaires (17). Se reporter au paragraphe relatif à ll'exposition involontaire.
En mesurant le taux d’IgA et d’IgG spécifiques du soja chez des enfants souffrant d’intolérance au soja et de maladie coeliaque, les chercheurs en ont conclu que l’augmentation du taux d’IgA serait liée à une atteinte des muqueuses, alors que celle des IgG serait liée à l’augmentation de la charge antigénique (18). Une étude réalisée sur quelques enfants souffrant de vomissement et/ou de diarrhée chronique, mais ne présentant pas de symptômes d’ordre respiratoires ou cutanés (entérocolite suspectée) n’a pas été très concluante du point de vue du rôle des anticorps, même si on a détecté la présence d’IgE dirigées contre quelques fractions. La source et la qualité des protéines de soja utilisées dans les tests de provocation n’ont pas été spécifiées (19).

Inhalation de soja
Asthme épidémique
Des cas d’asthme épidémique ont été observés dans les zones situées à proximité des ports où du soja était déchargé des bateaux, à Barcelone (20), Carthagène (21), Tarragone (22), Valence (23), La Coruna ((23), Naples (24), la Nouvelle Orléans (25) et enfin la Nouvelle Zélande (26). On a enregistré un grand nombre de cas mortels, probablement causés par une anaphylaxie. Les allergènes majeurs impliqués ont été détectés dans la gousse du soja, bien qu’ils semblent être également présents dans d’autres parties de la graine ou de la plante (27). On a décrit quelques molécules allergéniques de poids moléculaire compris entre 5 et 17 kD  (21) (22) (28) (30).
Des IgE ont été détectées, à l’aide du Phadia CAP System, chez les 10 patients de Tarragone pour lesquels des anticorps dirigées contre les constituants mentionnés ci-dessus ont été détectés par immunoblot (22). 12 patients de Barcelone souffrant d’asthme épidémique ont présenté des IgE spécifiques au soja (29). On a rapporté une prévalence de la sensibilité au soja de 89% dans l’incident de Carthagène (31).

On a également montré que les antigènes présents dans la gousse de soja étaient responsables de pneumopathie d’hypersensibilité (32), et que l’inhalation de poudre de soja pouvait entraîner des problèmes respiratoires chez les ouvriers qui y sont exposés de par leur profession (33).

Asthme des boulangers  La farine de soja peut entraîner un asthme professionnel chez les boulangers et les ouvriers travaillant dans les industries de transformation du soja. La prévalence de la sensibilisation au soja chez les boulangers présentant des symptômes respiratoires consécutifs à une exposition professionnelle varie de 19% (34) à 25% (35).  Haut

Fiche signalétique

La production de légumineuses la plus importante du monde est celle du soja. Le soja se mange frais ou bien transformé, par exemple sous forme de farine (fabriquée à partir de la graine broyée) ou encore sous forme d’huile (obtenue après extraction de la graine). Il représente la base de l’alimentation quotidienne de la population d’Asie. Son huile rentre dans la fabrication de certains produits alimentaires, comme la vinaigrette ou la margarine par exemple, mais aussi dans celle de certains produits de l’industrie du contre-plaqué, comme le linoléum ou la colle. La sauce soja, ou shoyu, s’obtient par la fermentation de soja et de blé.

 Allergènes
On sait que les fractions des protéines de stockage des graines de légumineuses mûres contiennent des allergènes majeurs. On a montré que la sous-unité a de 70 kD de la b -conglycine était reconnue par 25% des patients sensibilisés au soja atteints de dermatite atopique (39). Des travaux ont finalement suggéré l’existence d’un épitope situé dans un fragment non glycosylé constitué d’environ 50 résidus d’acides aminés. La protéine est résistante à la dégradation par liquide gastrique artificiel (40). La glynicine, autre protéine de stockage (350 kD) représentant environ 35% des protéines contenues dans le soja, est constituée de 6 sous-unités, chacune d’entre elles renfermant deux chaînes peptidiques (une acide et une basique) liées par des ponts disulfures (41). Les peptides acides seraient responsables de la plupart de la fixation des IgE sur la glycinine .
L’allergénicité de quelques protéines ayant un poids moléculaire compris entre 14 et 78 kD a été démontrée (42-44). Parmi elles se trouvent une thiol protéase (34 kD) ainsi qu’un inhibiteur trypsique du soja (20 kD) (46). Il a été suggéré que les IgE des individus allergiques à la fois à l’arachide et au soja, se fixeraient en priorité sur les plus grosses protéines, alors que les IgE des patients réagissant seulement au soja montreraient une grande affinité pour les protéines de faible poids moléculaire (42) (44).

Présence d’allergènes étrangers dans le soja
Les progrès réalisés en biotechnologie, permettant aujourd’hui d’introduire de nouveaux gènes dans un produit afin d’en améliorer certaines caractéristiques, ont conduit à l’apparition de nouveaux risques d’allergie. Le fait que des gènes étrangers puissent ou aient pu être introduits dans le soja (56) a relancé le débat sur l’incidence que peuvent avoir ces manipulations génétiques sur l’allergénicité des aliments transgéniques (57) (58). Il est évident qu’il est aujourd’hui difficile d’étudier les risques éventuels de sensibilisation, tant qu’une population suffisante n’a pas été exposée à ces OGM.
Une contamination par les moisissures aurait provoqué une augmentation de la température du soja pendant sa conservation et son transport (59). L’augmentation de la température ou le développement de la moisissure auraient ainsi favorisé la formation de " néoallergènes ". La présence d’aflatoxines sur le soja a été rapportée (60).
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Last update: May, 2000

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