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SFMT
Quelques définitions
Le terme handicap est dérivé d'un mot anglais
(hand in cap, qui était un jeu). Il a été utilisé ensuite
dans les courses de chevaux. Il signifie d'une manière générale
tout état d'infériorité (1). Selon l'Organisation
mondiale de la santé, la déficience correspond à toute perte
de substance ou altération d'une fonction ou d'une structure
psychologique, physiologique ou anatomique. Ces pertes de
substance ou ces altérations peuvent être provisoires oudéfinitives.
Elles comprennent l'existence ou l'apparition d'anomalies,
d'insuffisances et de pertes concernant un membre, un organe,
un tissu ou une autre structure de l'organisme, y compris
la fonction mentale. La déficience représente l'extériorisa
tion d'un état pathologique ; elle est le reflet des troubles
manifestés auniveaude l'organe.
Une incapacité correspond à toute réduction (résultant d'une
déficience) partielle ou totale de la capacité d'accomplir
une activité d'une façon normale, ou dans des limites considérées
comme telles pour un être humain.
Le désavantage social d'un individu est le préjudice qui résulte
de sa déficience ou de son incapacité et qui limite ou interdit
l'accomplissement d'un rôle considéré comme normal compte
tenu de l'âge, du sexe et des facteurs socioculturels.
Handicap et formes cliniques de l'asthme
L'évaluation du handicap doit se fonder
sur la sévérité de l'asthme. Elle se déduit de la pression
thérapeutique nécessaire pour obtenir un bon contrôle de la
maladie. Elle doit tenir compte du niveau de déficience (se
rapportant essentiellement au degré d'obstruction bronchique
résiduelle, évaluée par une spirométrie) ainsi que des effets
secondaires des médicaments. La réparation devrait prendre
également en compte l'importance du désavantage, ce qui n'est
pas le cas actuellement ou du moins ne l'est que très partiellement.
L'asthme professionnel est défini comme un asthme déclenché
ouaggravé par une substance inhalée sur les lieux du travail.
Il est donc impératif, quelle que soit la sévérité de la maladie,
de proposer une éviction du risque. Celleci n'est pas toujours
possible, voire ni même souhaitée par le travailleur. Elle
n'est pas synonyme de guérison. Dans tous les cas, il est
indispensable de mettre en place un traitement de fond. La
consolidation est définie par la Sécurité sociale de la manière
suivante : c'est le moment où l'on estime que l'état est «
stabilisé » (éventuellement sous traitement), et que l'on
n'obtiendra pas d'amélioration significative supplémentaire.
La consolidation signifie qu'il existe des «séquelles ». La
date de consolidation est parfois difficile à définir de manière
précise, pour plusieurs raisons :
-- l'exposition au risque peut persister,
-- l'asthme peut évoluer pour son propre compte,
-- l'asthme est par nature une maladie fluctuante,
-- d'autres facteurs déclenchants peuvent intervenir.
L'asthme en luimême, du fait même de sa sévérité propre,
de la déficience générée par la maladie ellemême, des effets
secondaires des médicaments ou de la difficulté à contrôler
les symptômes, peut être responsable d'un handicap majeur
pour le travailleur, dans certains métiers et, par conséquent,
d'un désavantage considérable.
Enfin, la composante allergique de l'asthme doit être envisagée.
Un atopique a un risque élevé, par définition, de se sensibiliser
progressivement aux allergènes de haut poids moléculaire de
l'environnement, à la farine par exemple. Il est toujours
difficile de considérer l'aptitude à se sensibiliser comme
un handicap, au sens socioprofessionnel du terme. Cependant,
même si le niveau de preuve scientifique n'est pas encore
important, il est possible de commencer à envisager une pré
vention primaire et secondaire dans certaines situations (2).
Classiquement, l'asthme était connu pour être
un brevet de longue vie. Il n'en est probablement
rien. En revanche, il est de plus en plus clair que
l'asthme est responsable d'un handicap qui peut se
révéler majeur, en particulier si l'on
considère l'asthme professionnel et, d'une
manière plus générale, les asthmatiques
au travail. L'asthme concerne environ 7 % de la population
adulte. La moitié souffrent d'un asthme persistant,
justifiant un traitement de fond quotidien. Ce sont
certainement ces personnes qui ont la plus grande
probabilité de souffrir d'un handicap respiratoire.
Il faut cependant considérer également
les asthmes intermittents, certes peu ou pas sévères.
Du fait même de l'hyperréactivité
de fond et/ou de l'allergie sousjacente, ces
formes d'asthme peuvent interdire la pratique de telle
ou telle activité professionnelle. Dans d'autres
situations, l'éviction du facteur de risque
et déclenchant a permis de réduire la
sévérité de fond de la maladie,
mais au prix d'un changement de travail.
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À noter :
-
Le caractère important, voire indispensable,
de l'évaluation de l'EFR et du suivi de cette EFR
chez l'asthmatique au travail (surveillance « objective
» d'une éventuelle détérioration,
pas toujours évidente cliniquement, voire masquée)
;
-
L'importance de la prise en compte du score médicamenteux
lors de la surveillance d'un asthmatique au travail (raison
identique à cidessus : patient avec EFR qui
« se maintient », mais au prix d'une escalade
thérapeutique....).
Références (Abstract
Medline : cliquez sur la référence)
-
Rey A. Dictionnaire historique de la langue française.
- Cullinan
P, Tarlo S, Nemery B. The prevention of occupational asthma.
Eur Respir J. 2003 ; 22 : 85360.
Voir fiche « Comment
aider un asthmatique dans son orientation professionnelle
? ».
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