source
SPLF
SFMT
Environ 20% des AP sont observés chez
les boulangers et les pâtissiers (29 % chez les hommes
et 5 % chez les femmes). La farine (blé et seigle)
est la principale étiologie, mais de nombreux autres
allergènes peuvent être en cause, notamment les
enzymes utilisées comme améliorants de la farine
(alphaamylase, cellulase) et les contaminants de la farine
(acariens de stockage, charançons du blé, papillons,
blattes, etc.).
Environ 10% des AP sont observés chez
le personnel soignant, paramédical ou médical,
avec une très nette prédominance féminine.
Le latex des gants est l'étiologie le plus souvent
invoquée. Les aldéhydes (glutaraldéhyde
et formaldéhyde) sont également responsables
d'un nombre important de cas. On observe depuis quelques années
une augmentation de la fréquence des sensibilisations
aux ammoniums quaternaires, molécules largement utilisées
en milieu médical pour leurs propriétés
désinfectantes et détergentes. Une modification
récente de la réglementation (février
2003) permet la reconnaissance en maladie professionnelle
des asthmes aux ammoniums quaternaires dans le cadre des tableaux.
D'autres produits désinfectants -- oxyde d'éthylène,
chloramine T -- sont plus rarement en cause.
Environ 8 % des AP concernent les coiffeurs,
une proportion qui atteint 18% si l'on considère uniquement
les femmes. Il existe plusieurs causes possibles, mais les
cas sont dus en majorité aux persulfates alcalins.
Ces molécules, conditionnées sous forme de poudres
très fines, sont utilisées
comme produit de décoloration capillaire. Des cas d'AP,
beaucoup plus rares, ont été imputés
aux teintures capillaires, aux produits de permanente ou au
henné.
Les peintres représentent environ
8 % des victimes d'AP (12 % si l'on ne tient compte que des
hommes). Les peintres au pistolet, tout particulièrement
ceux de l'industrie automobile, sont particulièrement
concernés. Les isocyanates entrant dans la composition
des peintures polyuréthanes pulvérisées
sur les carrosseries sont la cause essentielle de ces asthmes.
Les solvants des peintures contribuent à majorer les
symptômes par leurs propriétés irritantes.
D'après les données de l'Onap,
les travailleurs du bois représentent environ 5 % des
victimes d'AP (8% chez les hommes). De nombreuses espèces
de bois sont sensibilisantes, mais l'asthme des travailleurs
du bois peut aussi être la conséquence de sensibilisations
à d'autres agents : isocyanates des vernis, formaldéhyde,
notamment.
Quatre à 5% des AP concernent les
personnels de nettoyage (ce chiffre atteint 9% si l'on ne
tient compte que des femmes). Une augmentation du nombre des
cas a été observée au cours des dernières
années. Les étiologies potentielles sont multiples
: acariens, latex des gants, ammoniums quaternaires des détergents.
Beaucoup de produits de nettoyage sont en outre utilisés
sous forme de spray, ce qui facilite leur pénétration
respiratoire.
L'apparition d'un asthme chez une personne
exerçant l'un de ces métiers devrait systématiquement
conduire à un bilan visant à objectiver une
étiologie professionnelle.
L' origine professionnelle de nombreux cas d'asthme
reste ignorée, ce qui peut générer
de graves conséquences médicales et sociales.
La meilleure façon de ne pas méconna î
tre l 'or i gine profess i onnel l e d ' un asthme est
de l'évoquer systématiquement devant tout
cas nouvel l ement apparu chez un adulte en activité.
La multiplicité des agents étiologiques
(près de 400) et des circonstances d'exposition
rend la démarche complexe. Une base de données
sur l'asthme professionnel (AP), comportant des informations
sur les différents agents étiologiques
et métiers concernés, accessible sur Internet
(www.asmanet.com),
apporte une aide importante au médecin dans sa
démarche diagnostique.
L'Observatoire national des asthmes professionnels
(Onap), placé sous l'égide de la Société
française de médecine du travail et de
la Société de pneumologie de langue française,
recueille depuis 1996 des informations sur les cas incidents
d'AP. Ces informations, transmises par un réseau
de médecins volontaires -- médecins des
consultations de pathologie professionnelle, médecins
du travail, pneumologues, médecinsconseils
de la Sécurité sociale --, ont permis
d'établir une hiérarchie dans les étiologies
et les métiers en cause. Six métiers sont
à eux seuls à l'origine de plus de la
moitié des AP en France (*) et méritent
une attention particulière.
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Références (Abstract
Medline : cliquez sur la référence)
(*)Ameille
J, Pauli G, CalastrengCrinquand A, Vervloët D, Iwatsubo
Y, Popin E, BayeuxDunglas MC, KopferschmittKubler MC
and the corresponding members of the ONAP. Reported incidence
of occupational asthma in France, 199699 : the ONAP programme.
Occup Environ Med 2003 ; 60 : 13641.
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