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SPLF
SFMT
L' asthme professionnel
est une maladie inflammatoire des voies aériennes,
avec un syndrome obstructif variable, une hyperréactivité
bronchique, induit ou aggravé par l'inhalation
de substances présentes dans l'environnement
professionnel (poussière, fumée, vapeur,
gaz). |
.On distingue :
Asthme professionnel avec période
de latence, induit par des substances
d'origine animale ou végétale (souvent de mécanisme
allergique) et par des produits chimiques ou des métaux
(mécanismes moins bien connus). Il peut apparaître
après plusieurs semaines, mois ou années d'exposition
professionnelle. Les symptômes sont rythmés par
les périodes de travail.
Y penser devant tout asthmatique qui travaille, mais
aussi devant une dyspnée (surtout si elle a été
précédée d'une rhinite), une toux spasmodique,
ainsi que devant un asthme qui s'aggrave alors qu'il était
stabilisé.
Quatre questions sont fondamentales :
-- La crise d'asthme estelle survenue
sur les lieux du travail ?
-- L'état respiratoire s'amélioretil
durant les fins de semaine?
-- L'état respiratoire s'amélioretil
lors de congés prolongés, ou se normalisetil?
-- L'état respiratoire s'aggravetil en période
de travail ou au décours du travail?
Y penser devant une profession évocatrice
: boulangers,
pâtissiers,
personnels de santé, peintres,
coiffeurs,
agents d'entretien, travailleurs du bois. Voir fiche
«
Les principaux métiers en cause ».
La connaissance de la profession n'est pas
toujours suffisante (exposition à de multiples substances,
même agent retrouvé dans des professions variées,
nombreux produits manipulés...). L'enquête professionnelle
approfondie relève du médecin du travail.
Le diagnostic d'asthme professionnel
repose sur une procédure progressive permettant
de confirmer l'asthme, de préciser sa sévérité
(intermittent, persistant léger, modéré
ou sévère, traitements déjà institués),
d'évoquer un asthme professionnel d'après une
histoire clinique compatible et de montrer une relation objective
entre le travail et les symptômes (variation en fonction
du travail des débits de pointe [DEP], du VEMS et/ou
des tests d'hyperréactivité bronchique non spécifique
[HRBNS]). Rarement, il sera nécessaire d'effectuer
des tests de provocation spécifique en milieu hospitalier.
Le médecin généraliste tient une place
essentielle dans l'interrogatoire orienté à
la recherche d'un asthme professionnel, dans la constatation
d'une crise d'asthme au travail ou au décours immédiat,
dans l'aide à la surveillance d'un journal de DEP en
périodes de travail et de congés. Les étapes
de la démarche diagnostique doivent être effectuées
en collaboration avec le pneumologue, l'allergologue et le
médecin du travail :
-
Mise en évidence d'une sensibilisation
immunologique (tests cutanés, tests in vitro) facile
s'il s'agit d'un allergène d'origine animale ou
végétale. En revanche, lorsque d'autres
mécanismes sont impliqués, ces investigations
ne sont pas réalisables. Un résultat positif
d'un test cutané ou d'un dosage d'IgE spécifiques
peut n'être que le témoin d'une sensibilisation
purement immunologique.
-
Réalisation d'épreuves
fonctionnelles respiratoires itératives, mesure
de l'HRBNS. Celleci peut aussi être soupçonnée
cliniquement (toux ou gêne respiratoire au contact
d'irritants - fumée de tabac, odeurs fortes, sprays,
polluants -- ou déclenchées par le rire,
l'effort, le froid...).
Il existe une grande variété
d'étiologies, et de nouvelles étiologies peuvent
apparaître (nouvelles substances, techniques, applications...).
Asthme professionnel sans période de latence
Ce syndrome appelé antérieurement
reactive airways dysfunction syndrome
(RADS) se caractérise par la survenue de symptômes
d'asthme de sévérité variable, mais aussi
de toux sèche, de dyspnée durant les vingtquatre
premières heures suivant l'exposition à une
forte concentration d'irritants (gaz, vapeurs ou fumées)
dans des conditions d'exposition inhabituelles, voire exceptionnelles
(accident, incendie, défaut de ventilation). Le constat
du médecin généraliste est un élément
essentiel pour établir uncertificat d'accident du travail.
Les symptômes d'asthme peuvent persister (obstruction
bronchique variable et réversible, test à la
méthacholine positif). Outre le traitement d'urgence,
un suivi pneumologique avec réalisation d'épreuves
fonctionnelles et institution d'un traitement antiinflammatoire
et bronchodilatateur est indispensable. Les substances le
plus souvent décrites sont le chlore et ses dérivés,
les acides et les isocyanates.
Références (abstract
Medline : cliquez sur la référence correspondante)
-
Lemière C, KopferschmittKubler MC.
Syndrome d'irritation bronchique. Rev Fr Allergol Immunol
Clin 2001 ; 41 : 294300.
-
Pauli G, Bessot JC, KopferschmittKubler MC, Popin
E.
Démarches diagnostiques. In : L'asthme professionnel,
JC Bessot, G Pauli; Eds Margaux Orange, Paris, 1999, 12743.
-
Pauli G, Bessot JC, Vervloet D, Ameille J.
Investigations diagnostiques de l'asthme professionnel
: nécessité et limites. Rev Mal Respir,
2002, 19, 289291.
-
Vandenplas
O, Malo JL. Definitions and types of workrelated
asthma: a nosological approach.
Eur Respir J 2003; 21: 70612.
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